dimanche 26 juin 2016

Agrion élégant mâle, Ischnura elegans Vander Linden (Coenagrionidae), ordre des Odonates.

Spécimen trouvé au Marais de Colleville-Montgomery (Calvados), en juillet 2015.

Cette demoiselle, ou damoiseau puisqu'il s'agit ici d'un mâle, est facilement reconnaissable. Il est presque totalement noir, sauf le dessous de son pronotum et la pointe de son abdomen qui sont bleu ciel vif.
On la retrouve dans pratiquement toute l'Europe, en Asie. Elle est visible partout en France (sauf en Corse).

Mais qu'est-ce donc ?!
















Je pensais qu'il s'agissait de deux zygènes, mais je n'ai rien trouvé de ce côté-là. En lisant la description de la Zygène de la filipendule dans la Petite collection d'insectes de nos régions, Larousse, j'ai appris que, comme la zygène éloigne les prédateurs grâce à son poison, (cf. article sur la Zygène de la Spirée), d'autres insectes se sont mis à l'imiter et bénéficient -sans être toxiques eux-mêmes- de la protection de leur modèle. C'est le cas des Amata (famille des Arctiidés), qui ont la même coupe d'ailes, les mêmes tâches et la même ceinture abdominale.
Il pourrait donc s'agir ici de deux espèces du genre Amata. En effet, les zygènes ont des antennes claviformes, et ici, les antennes semblent être moniliformes.


Deuxième photo prise au même endroit en juin 2016

La Belle Dame, Vanesse du charbon, Vanessa cardui L. (Nymphalidae), ordre des Lépidoptères.

Spécimen trouvé au Marais de Colleville-Montgomery (Calvados) en juillet 2015.

Il s'agit du papillon diurne le plus répandu dans le monde. (Bon, pour la rareté, on repassera.) C'est un papillon moyen à grand (entre 4 et 7 cm d'envergure). Le dessus de ses ailes est chamois orangé, avec des taches noires et d'autres blanches. L'apex des ailes antérieures est noir avec des taches blanches.
Le revers des ailes ressemble au dessus, mais avec des teintes roses. Le dessous des postérieures est marbré de brun clair et de blanc avec une série d'ocelles dans la partie marginale.
C'est un papillon que l'on peut observer de mi-avril à mi-octobre.
C'est une espèce migratrice qui, à partir de l'Afrique, atteint le nord de l'Europe chaque année. En automne, les adultes migrent vers l'Afrique du nord et subsaharienne où l'espèce développe plusieurs générations hivernales. (INPN)

Amaryllis, Pyronia tithonus L. (Nymphalidae), ordre des Lépidoptères.

Spécimen trouvé au Marais de Colleville-Montgomery (Calvados) en juillet 2015.

Ce papillon roux orangé a le bord des ailes de couleur brun sombre. Quand il est posé, il nous montre ses 4 ocelles. On retrouve un ocelle noir avec deux points blancs sur le bord apical de chaque aile antérieure. Les ailes postérieures comportent elles aussi un ocelle, plus petit, avec seulement un point blanc.
En ce qui concerne le dessous des ailes, l'aile antérieure est rousse avec un ocelle noir tacheté de deux points blancs. L'aile postérieure est brunâtre, avec une bande claire transversale, et cinq petits ocelles bruns à tache centrale blanche.
L'Amaryllis est un petit papillon que l'on retrouve en Europe, dans les bois, les prairies, ou les jardins même en ville. Les imagos s’observent de juin à août, surtout sur les composées, les graminées, ou la ronce.

Une exception : l'arachnide

Argiope frelon, Argiope bruennichi Scopoli (Aranéidés), ordre des Aranéides.

Spécimen trouvé sur les Isles Cíes (Galice) en août 2014.

Well, well, well. Ce n'est pas un insecte. Mais sa tentative d'imitation du frelon l'autorise à apparaître ici (elle fait des efforts, avouez-le !).
Donc, l'argiope frelon est appelée ainsi à cause de sa livrée rayée. Son nom de genre, Argiope (du grec, "face argentée"), renvoie au duvet argenté qui recouvre son céphalothorax. C'est une araignée que l'on retrouve embusquée dans la végétation, dans les endroits très ensoleillés. Sa couleur est un signal d'avertissement ("hé toi l'oiseau, fais gaffe, je suis de la même couleur que les frelons, tu voudrais pas avoir mal ?") et la protège des prédateurs, qui, ayant déjà eu des problèmes avec un hyménoptère jaune et noir, ne vont pas tenter le diable une seconde fois.
L'Argiope frelon construit une toile circulaire d'environ trente centimètres de diamètre, avec, au centre, deux larges bandes de soie blanche en zig-zag, comme on peut voir sur la photo (entre les papattes avant de la brave bête.) Cependant, l'utilité d'un tel motif n'a pas été trouvée.
Quand une proie se prend dans la toile, l'argiope paralyse les petites et les rapportent au centre de la toile. Les grosses sont, elles, emmaillotées puis mordues après immobilisation. Les proies trop grosses sont libérées.
Et c'est là que ça devient marrant :
Vers fin juillet, le mâle, gringalet, cherche à s'accoupler. Pour cela, il doit introduire ses pédipalpes (ce qui correspond aux mandibules chez nos amis les insectes), préalablement chargés de sa semence, dans l'orifice génital de la femelle. Il risque alors de se faire tuer ! Une fois son affaire faite (s'il a réussi, ce qui est moins sûr...), il faut qu'il détale comme un lapin. Perdre une patte dans cette affaire serait un moindre mal.
Bourdon des pierres, Bombus lapidarius L. (Apidae), ordre des Hyménoptères.

Spécimen trouvé au Marais de Colleville-Montgomery (Calvados) en juillet 2015.

Après le bourdon des champs et le bourdon terrestre, voici le bourdon des pierres ! Celui-ci est caractérisé par sa coloration noire sauf le bout de son abdomen qui est roux vif. Les tibias et les tarses sont quant à eux brunâtres. C'est un bourdon que l'on retrouve en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. La femelle hiverne et se montre au début du printemps sur les fleurs. En effet, le Bourdon, protégé par son épaisse "fourrure" est un est tout premiers insectes annonciateurs du printemps.
Cette espèce fait son nid dans la terre, souvent dans un ancien terrien de petit mammifère, pour pouvoir protéger ses mômes des prédateurs et des intempéries. La femelle y place des amas de pollen et de nectar sur lesquelles elle pond un œuf, qu'elle entoure ensuite de cire. (Elle en pondra alors une dizaine).

Les bourdons vivent en colonies. Les premières ouvrières, c'est-à-dire les premiers enfants que maman reine bourdon a eu après son hivernation, aident leur mère à élever les jeunes sœurs et à agrandir le nid. Les bourdonnettes les plus jeunes et les mamies de petites tailles s'occupent des travaux à l'intérieur du "terrier", et les plus âgées ou les plus grosses partent à la recherche de nourriture. C'est un vrai travail d'équipe !  Au milieu de l'été, quand la colonie a atteint son apogée, la reine se met à produire des mâles (issus d’œufs non fécondés) et des femelles sexuées (les futures mamans reines !) A la mi-septembre, seules les reines les plus costaudes survivront, car elles seules possèdent la capacité de stocker des graisses pour l'hiver, comme toi !


Argus bleu femelle, Polyommatus icarus Rott. (Lycaenidae), ordre des Lépidoptères

Spécimen trouvé au marais de Colleville-Montgomery (Calvados) en juillet 2015.

Contrairement au mâle qui a les ailes bleu violet, la femelle a les ailes brun foncé tachetées d'orange et de points foncés au bord des postérieures. Le dessous des ailes des mâles et des femelles est gris brunâtre (légèrement bleuâtre à la base), avec des taches noires entourées de blanc. Au bord des ailes, on retrouve des taches brunes et oranges bordées de croissants noirs.
Aussi appelé Azuré commun, c'est un petit papillon (entre 30 et 35 mm) que l'on peut rencontrer fréquemment en Europe, en Asie ou en Afrique du Nord dans les prairies et les friches. 
La chenille, moins attirante, a un aspect de cloporte.